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Des oiseaux au bec déformé en Alaska

Des oiseaux au bec déformé en Alaska

Des oiseaux au bec déformé en Alaska

L’origine de la pathologie du « bec déformé », qui touche principalement les mésanges et les corneilles, reste inexpliquée.

En Alaska (États-Unis), depuis une dizaine d’années, un nombre anormalement élevé d’individus ont le bec déformé. Dans la plupart des cas, c’est la partie supérieure qui est démesurément allongée. Parfois, ce sont les deux parties qui poussent excessivement et s’entrecroisent, ce qui entrave l’alimentation des oiseaux et le lissage correct des plumes. Actuellement, le phénomène touche surtout trois espèces: la mésange à tête noire (un petit passereau), ainsi que les corneilles d’Amérique et d’Alaska.

Le trouble de la kératine aviaire est le nom trouvé par les scientifiques pour cette nouvelle pathologie, la kératine étant une protéine synthétisée et utilisée par de nombreux êtres vivants comme élément de structure dont sont constitués les cheveux, les ongles, les griffes, les becs…

Le trouble de la kératine aviaire se caractérise par une croissance excessivement rapide du tégument corné qui recouvre l’os du bec. Les scientifiques hésitent à parler de maladie émergente, car ils commencent à peine à l’étudier. Brutalement apparue dans deux régions d’Alaska à la fin des années 1990, elle progresse néanmoins le long de la côte Sud du Pacifique : en Colombie-Britannique (Canada) et dans l’État de Washington (États-Unis).

En général, il est peu commun de voir des oiseaux avec une malformation du bec. En Alaska, il en va tout autrement. Chez les corneilles, 17% des adultes sont touchés par cette malformation. Chez les mésanges à tête noire, les biologistes de l’U.S. Geological Survey (USGS) estiment qu’en moyenne 6,5% des oiseaux sont touchés (le taux varie entre 3,6% et 9,7% dans certaines régions). Compte tenu de l’abondance des mésanges à tête noire, cela représente plus de 2000 individus recensés à ce jour. Une trentaine d’espèces sont touchées par le trouble de la kératine aviaire, mais dans des proportions moins importantes. La pathologie s’accompagne parfois de lésions aux pattes, aux griffes et aux plumes. « C’est le taux le plus élevé de malformations jamais observé dans le monde chez les oiseaux », estime l’USGS.

La déformation du bec se produit à l’état adulte et elle peut être très rapide, elle ne touche que rarement les oisillons. Une première capture de près de 80 oiseaux avec des becs tout à fait normaux à eu lieu puis ils furent marqués et relâchés, ainsi à la recapture, les mêmes 80 oiseaux marqués avaient leurs becs complètement transformés. « L’excroissance de bec la plus rapide a été enregistrée avec une mésange à tête noire. Capturée le 3 juin 2003 avec un bec apparemment normal, elle a été rattrapée le 11 septembre 2003 avec la partie supérieure du bec qui s’était allongée de 13 mm », notent les chercheurs de l’USGS. À l’inverse, les oiseaux ayant un bec déformé peuvent se retrouver un peu plus tard avec un bec normal. Ils ont pu le constater chez plusieurs oiseaux. Plus remarquable encore, ils se sont aperçus que, chez l’un de ces oiseaux qu’ils avaient gardé en cage, son bec s’était mis à repousser.

« La cause du trouble de la kératine aviaire reste inconnue », admettent les chercheurs. Sur les spécimens qu’ils ont analysés, en effet, ils n’ont trouvé aucune trace des bactéries, des virus, champignons ou des acariens connus pour provoquer des lésions aux becs. Ils n’ont pas détecté non plus la présence de produits synthétiques qui, dans la région des Grands Lacs et en Californie (États-Unis), avaient déjà provoqué des malformations chez certaines espèces d’oiseaux. De même, ils n’ont pas relevé de carences ni en vitamines ni en calcium, qui sont des éléments indispensables à la production de la kératine.

Des études sont menées pour essayer d’identifier l’origine du trouble de la kératine aviaire. La tâche ne sera pas aisée, car la pathologie touche des espèces vivant dans des milieux naturels très différents. « Les mésanges et les corneilles n’ont pas les mêmes habitats et elles ne fréquentent pas les mêmes écosystèmes. Et, pourtant, elles ont le même problème », indique l’USGS.

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    Posté par FluildShoully | janvier 20, 2011, 22:52
  2. Bonjour,
    J’habite en France dans l’oise et j’ai constaté cette anomalie sur une mésange bleue qui vient régulièrement s’alimenter dans le jardin.Son bec a poussé d’environ 1 cm en 2 mois et est complètement croisé. Avez vous les coordonnées d’un organisme compétent à qui je pourrais faire état de mes observations?
    Cordialement.

    Posté par Noël DEGARDIN | mars 20, 2011, 15:45
  3. Noël vous devez vous présenter avec l’animal concerné si possible auprès de la direction départementale des services vétérinaires, ou directement vers l’inspection vétérinaire de la préfecture de police de votre département… Bonne chance

    Posté par Thierry Cahn | mars 22, 2011, 07:32
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    Posté par Tom L Mcdavid | avril 1, 2011, 10:43

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